Communications en plénière

Affronter les problèmes, identifier les impasses

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NOËLLE HAUSMAN • OUVERTURE DU COLLOQUE
Sœur du Saint-Cœur de Marie, théologienne et directrice de la revue Vies Consacrées

Il s’agit maintenant de réfléchir à la mise en question de la vie consacrée elle-même, sous toutes les formes qu’elle a prises dans l’Église catholique, parce qu’elle a donné lieu – et plût au Ciel qu’on puisse parler au passé – à tant de dérives, d’abus en tous genres, de déviations multiples, dont les échos ne cessent de nous revenir, souvent grâce aux médias. Or ces errements n’ont pas seulement procédé de personnes déterminées, mais aussi de structures propices à des agissements d’autant plus abjects qu’ils se sont souvent drapés sous les apparences d’un bien meilleur, connu des seuls initiés. Ne serions-nous pas toujours pas arrivés à ce que Dom Dysmas de Lassus identifiait comme « le point de non-retour » ?

Où sommes-nous conduits par ces errances ? Quelle parole peut-on entendre maintenant qui nous fera revivre (comme les ossements desséchés d’Ézéchiel, chapitre 37) et, si Dieu le veut, d’autres avec nous ? Quelles décisions concrètes devraient se profiler à notre horizon, voire être prises, avec une « détermination délibérée », selon la formule d’Ignace de Loyola, dans les Exercices spirituels (n° 98) ? Ce sera la tâche de ce premier jour « d’affronter les problèmes », et « d’identifier les impasses » ; et celle du second, de chercher avec vous, notamment dans les dix ateliers, si et comment des espaces peuvent s’ouvrir pour l’espérance.

ISABELLE LE BOURGEOIS • IRRÉPARABLE ET IRRÉPARÉ
Sœur auxiliatrice, psychanalyste, auteure de Vivre avec l’irréparé, Paris, Albin Michel, 2024

Faut-il réparer la vie consacrée ? Je propose une double entrée pour tenter de répondre à cette question. Il s’agit d’abord de réparer les corps et les âmes blessés, mais aussi, sûrement, ce qui blesse la vie consacrée et ne la fait plus vivre.

Tout d’abord, pour réparer il faut reconnaître ce qu’il y a à réparer et vérifier que cela le soit. Comprendre qu’il y a, dans les vies martyrisées des personnes victimes, beaucoup d’irréparable : les actes commis l’ont été et tout retour en arrière est impossible. Le premier travail de reconnaissance va être de le constater, de le nommer clairement.

Ce travail important et nécessaire va aider à nommer plus précisément ce qui a été abîmé par cet irréparable et comment cela se manifeste dans l’aujourd’hui. C’est ce que j’appelle l’irréparé, c’est-à-dire tout ce qui n’est pas encore réparé et qui, potentiellement, peut l’être.  Irréparé, trace de l’irréparable, et pourtant situé du côté de la réparation possible, de l’espérance.

Mais en vue de quoi ? D’un mieux-être des personnes victimes, d’abord, mais aussi de la mise en travail des personnes responsables et d’une meilleure compréhension de ce qu’est la vie consacrée et de ce qui a permis que tout cela arrive.

Quel est l’objet de la vie consacrée sinon d’abord une consécration à la Bonne Nouvelle annoncée en Jésus-Christ et non à une personne, aussi géniale, sympathique ou intelligente qu’elle soit ? Comment se donner les moyens de ne pas perdre le trésor de la Bonne Nouvelle de vue ?

Il s’agira entre autres de repenser la façon de vivre ensemble, notamment le rapport autorité-obéissance, mais aussi la vie fraternelle. De penser ensemble de façon adulte le rapport au corps, la relation homme-femme. Travailler une façon de vivre les vœux qui permette d’acquérir individuellement et ensemble une vraie liberté intérieure. Autant de chantiers dont on tâchera finalement d’apercevoir ensemble quelques aspects essentiels et urgents.

DIDIER LUCIANI • LA RÉPARATION DU MONDE (TIKKUN OLAM) DANS LE JUDAÏSME
Théologien et bibliste, spécialiste de l’ancien Testament, professeur émérite de l’UCLouvain

Bien qu’elle nous semble aujourd’hui assez familière (surtout depuis les études de Gershom Scholem sur la mystique juive) et aussi populaire soit-elle, l’idée de « réparation du monde » (Tikkun ha-Olam) – en tant que concept central de la kabbale lourianique (Isaac Louria Achkénazi, 1534-1572) – est à la fois tardive, assez rare, polymorphe et évolutive. Après en avoir brièvement présenté les différentes facettes, j’essaierai d’en montrer à la fois les limites et l’éventuel intérêt pour la théologie et le dialogue entre juifs et chrétiens.

MARIE-JO THIEL • LES DYSFONCTIONNEMENTS ECCLÉSIOLOGIQUES ET ÉTHIQUES DÉPEINTS PAR LA « CRISE DES ABUS »
Laïque consacrée, médecin et théologienne, auteur de Plus forts car vulnérables ! Ce que nous apprennent les abus dans l’Église. Avec la contribution de Patrick C. Goujon, Paris, Salvator, 2023

Pourquoi certains cadres consacrés de l’Église en arrivent-ils à agresser sexuellement ? Pourquoi leur formation théologique, y compris dans le domaine de l’éthique sexuelle, ne les a-t-elle pas prémunis, et plus encore, ne les a-t-elle pas conduits à engager un vrai travail de prévention ? Les excès de pouvoir, les violences sexuelles et la pédocriminalité sont certes présentes dans l’ensemble des structures de la société. Mais on aurait pu s’attendre à ce qu’un mode de vie évangélique soit protecteur, surtout à l’égard de celles et ceux pour qui Jésus manifestait une prédilection. Or non seulement ce ne fut pas le cas, mais nombre de responsables institutionnels, au vu de ce scandale, n’ont pas dénoncé les crimes, ni écouté les victimes ; ils ne se sont pas enquis des causes de ces violences et n’ont pas pris en compte la vulnérabilité omniprésente. 

L’on ne saurait dire plus clairement que la « crise des abus » n’est pas dû à quelques « moutons noirs », mais relève de dysfonctionnements institutionnels, imputables à l’ecclésiologie systémique, elle-même en lien avec des facteurs théologiques, bibliques, éthiques… utilisés en les déformant (distorsions cognitives). Nombre de facteurs ont joué leur partition délétère, noués les uns aux autres dans des interactions réciproques pernicieuses. Sur le plan ecclésiologique, on peut mentionner : la gouvernance hiérarchique, le cumul des pouvoirs (juridique, législatif et exécutif) entre les mains épiscopales, le pouvoir sacré attribué aux prêtres, la dissymétrie d’avec les laïcs, l’insignifiance de la place de la femme, leur non-accès aux ministères, la centralisation romaine élargie par Jean-Paul II, l’intransigeance à l’égard des vœux prononcés par les religieux.ses, le sectarisme de certaines structures ou communautés, etc. Le plus grave est incontestablement le cléricalisme autoritaire et les abus de pouvoir de certains. Cela aliène les membres laïcs du peuple de Dieu, prend leur souveraineté baptismale en otage et contribue à ce que le pape François a appelé une « scission dans le corps ecclésial, scission qui renforce et perpétue beaucoup de maux » (Lettre au peuple de Dieu, août 2018). La perspective synodale ouverte en 2021-2024 pourrait apporter un Vent frais. Mais le verrou cléricaliste « pouvoir-sexe-genre » semble toujours ralentir fortement la régénération à laquelle pousse l’Esprit de Dieu. Le chantier reste donc considérable et complexe.

PATRICK GOUJON • IMPASSES ET RESSOURCES DE LA SPIRITUALITÉ
jésuite, rédacteur en chef des Recherches de Science Religieuse, Campion Hall Oxford, Facultés Loyola Paris

L’incapacité de la vie consacrée à affronter les violences qu’elle a elle-même suscitées dans les cinq dernières décennies interroge les ressources de la spiritualité pour sortir de ce contre-témoignage rendu à l’Évangile. Si on accepte que les agressions sexuelles et les abus de pouvoir résultent d’un dysfonctionnement général de la vie consacrée, alors ce sont nos conceptions mêmes de la vie spirituelle qu’il faut interroger. Loin d’être des dérives marginales, les causes touchent au cœur du mouvement par lequel des personnes choisissent de se consacrer et à la manière dont les institutions religieuses accueillent ce mouvement et l’orientent. Le don de soi exige-t-il la soumission si est espéré un fruit de vie selon l’Évangile ? Le corps, s’il fait partie de cette offrande entière de soi, est-il évincé de l’exigence évangélique de l’amour de Dieu, de soi, et du prochain ? Alors que les Écritures ont été tellement manipulées pour obtenir d’autrui ce que la loi civile interdit et l’amour de Dieu réprouve, quelles ressources la spiritualité peut-elle offrir pour faire en sorte que la vie consacrée soit en vérité devant Dieu et pour les personnes qui s’y engagent un chemin de salut ?

AGATA ZIELINSKI • RESSOURCES DES ÉMOTIONS DANS UNE VIE BOULEVERSÉE ?
Xavière, philosophe, co-responsable du domaine d’éthique biomédicale aux Facultés Loyola Paris

La vie consacrée nous apparaît aujourd’hui bouleversée, et particulièrement affectée. Et nous, le sommes-nous, bouleversés et affectés ? Et si oui, par quoi ? Le contexte des abus nous laisse désorientés et éprouvés. Ce colloque peut être une occasion de mettre des mots sur ce que nous éprouvons et qui nous éprouve : colère, tristesse, désarroi, indignation, dégoût, désolation… puis de nous demander qu’en faire. Que faire de nos émotions ?

Les émotions ne sont pas étrangères à notre vie spirituelle : la suite du Christ nous expose d’abord aux émotions dont il est lui-même affecté. Et la prière, la vie de l’Esprit en nous, est pour une part une vie affective.

Les affects ne nous laissent pas dans une pure position de passivité ; ils peuvent nous instruire, et notamment révéler ce à quoi nous tenons. Ils sont alors non seulement objet de discernement, mais susceptibles d’une aide au discernement. Ce faisant, ils peuvent nourrir notre réflexion et notre agir éthique, nous éclairant sur le souhaitable et l’indésirable.

Les émotions ont la réputation d’obscurcir l’intelligence ou de paralyser l’action. On leur reproche leur aspect subjectif, opposé à l’objectivité de la rationalité, qui seule nous permettrait de décider en raison. Certaines émotions méritent pourtant d’être écoutées ensemble, dans l’horizon de la suite du Christ. À quelles conditions les émotions, identifiées et réfléchies, peuvent-elles aider à un discernement communautaire ?

BENOÎT CARNIAUX • CONTREPOINT
Théologien, membre du comité de rédaction de la revue Vies Consacrées, ancien père abbé de Notre-Dame de Leffe

Faut-il réparer la vie consacrée ? Le mot « réparation » peut laisser dubitatif, comme s’il fallait simplement bricoler ou rafistoler, du moment que la bâtisse garde la même apparence et que tout fonctionne à peu près comme auparavant. Le terme de « refonte » pourrait peut-être se révéler plus approprié. Passer au feu de l’Esprit-Saint par le creuset de la Parole divine semble mieux adapté. Il faudrait donc que les vies consacrées arrivent à leur point de fusion, là où l’exogène se sépare, où l’obsolète est recyclé et où le tout prend une forme nouvelle en conservant le matériau de base.

Il est important pour l’Église, et singulièrement pour la vie consacrée, de demeurer dans le fourneau et de s’y maintenir, non par héroïsme mais tout simplement par grâce. Sœur Véronique Margron a su très bien identifier le chemin que Dieu nous indique en reprenant le récit de la conversion de Saint Paul dans les Actes des Apôtres. Comme lui, nous avons été rendus aveugles et nous ne pourrons recommencer à voir sans nous laisser faire, en accueillant les « Ananie » qui nous sont envoyés pour nous interpeller et nous guérir.

Ouvrir à de nouvelles espérances

BRUNO CADORÉ • UNE ESPÉRANCE SANS ÉVIDENCES, OU : CONSOLER L’ESPÉRANCE
Médecin, théologien, ancien maître de l’ordre dominicain

« Voir ce qu’on espère, ce n’est plus espérer » (Rm 8, 24). L’affirmation de Paul est claire : l’espérance est sans autre évidence que celle du témoignage continu qui ne cesse de transmettre la foi. Témoigner de ce que nous ne voyons pas, mais que nous attendons avec persévérance.

Cette parole de l’apôtre est au cœur de l’aventure de la vie consacrée. Au cœur de l’Église et avec elle, des hommes et des femmes désirent engager leur vie entière sur le socle de la foi, pour veiller et témoigner de l’espérance du Royaume promis. Pour guetter dans le monde les signes fragiles de l’approchement de l’accomplissement de la Promesse, ils choisissent une forme de vie qui avive leur espérance, en les invitant à renoncer à de trop faciles évidences. Écouter la Parole et chercher à la vivre avec d’autres exige de renoncer à prétendre en posséder à soi seul toute la vérité. S’engager à témoigner par l’amour qu’on a les uns pour les autres conduit à découvrir que le chemin est long jusqu’à la conversion à la fraternité en Christ qu’on voudrait annoncer. Engager toute sa vie à la suite du Christ implique de consentir vraiment à la distance nécessaire entre l’émotion de la rencontre fondatrice et la longue patience nécessaire pour accueillir dans son humanité la grâce de Sa vérité qui rend libre. Témoigner ainsi du mystère du Royaume qui vient, c’est éprouver la persévérance dans la recherche de vérité, dans le travail d’engendrement à la fraternité, dans la confiance que la liberté de chacun advient vraiment à la mesure de son engagement pour la communion avec tous.

Bien des crises dans la vie consacrée, aujourd’hui comme hier, ne viennent-elles pas de ce que, d’une manière ou d’une autre, on a voulu combler cette salutaire distance de l’inachevé qui marque l’espérance ? Des autorités et des paroles humaines sont parfois venues se substituer à la Parole de vérité, trompant la confiance avec laquelle on espérait être aidé à devenir vraiment libre. Des institutions en quête de gloire ont laissé entendre qu’elles pouvaient impunément taire les violences faites aux personnes, contredisant ainsi dans la pratique les discours tenus sur une humanité fraternelle. Des manières de vivre, de gouverner, et parfois même de croire, ont parfois effacé les médiations nécessaires à la liberté dans la communion, et instauré une telle confusion entre l’immédiateté des émotions religieuses et le désir de chercher la vérité, que des élans de générosité ont été aliénés par des volontés humaines.

Faut-il « réparer » la vie consacrée ? Qui le sait ? Au moins convient-il de promouvoir une des conditions de son plein épanouissement : que l’horizon d’espérance soit gardé à l’abri des mensonges, violences et confusions qui, se réclamant de Dieu, aliènent la foi et la liberté de ceux qui font confiance à une forme de vie consacrée pour les guider dans l’aventure d’une communion fraternelle tournée vers Dieu par la grâce du Christ.

ÉRIC BIDOT • OBÉIR DANS UNE FRATERNITÉ DIFFÉRENCIÉE
Ancien ministre provincial des Capucins de France, évêque de Tulle depuis le 15 juin 2025

L’obéissance est une réalité plus difficilement lisible aujourd’hui : ni soumission, ni autonomie farouchement défendue, peut-on approcher de manière saine l’obéissance comme une manière d’être en relation entre adultes responsables de leurs paroles et de leurs actes et comme un bien pour l’ensemble de la communauté ? Quel apprentissage une telle approche suppose-t-elle et quelle reconnaissance de la place de chacun cela induit-il ? 

Dans la vie religieuse, certains reçoivent la charge de gouvernement, pour un temps, leur donnant une autorité réelle, non dénuée de multiples risques dont il importe de prendre conscience : quelle place offrir aux désaccords, par exemple ? comment prendre une décision autrement que de manière exclusivement pyramidale ?

Nous parlons de l’obéissance dans le cadre d’un gouvernement élu et de frères ou de sœurs ayant procédé à cette élection, mais entre frères, entre sœurs, dans une même communauté, sans parler de charges reçues, comment vivre une obéissance mutuelle qui serait un signe de maturité spirituelle et de responsabilité ? 

La tradition franciscaine qui tente d’articuler le respect de la liberté personnelle et l’importance de la fraternité, comme corps en devenir dans une interdépendance réelle de ses membres, pourra éclairer un débat délicat et instable.

JOSEPH FAMERÉE • DIFFÉRENTS MAIS RELIÉS : LE PARADIGME ŒCUMÉNIQUE
Provincial des Prêtres du Sacré-Cœur, professeur émérite à l’UCLouvain et co-président du groupe des Dombes

L’expérience œcuménique peut-elle être inspirante pour la vie consacrée et son renouveau éventuel ? Telle est l’intuition, l’hypothèse de cette contribution.

Mais quel œcuménisme ?

Avec d’autres (mais sans qu’il y ait unanimité sur ce point parmi les catholiques), j’estime que l’œcuménisme vise (c’est-à-dire doit viser) une « restauration de l’unité » (Unitatis redintegratio) ou mieux un rétablissement de la (pleine) communion entre les Églises chrétiennes, non dans l’uniformité, mais dans une diversité légitime d’expressions spirituelles, liturgiques, doctrinales, éthiques et pratiques. Cette réparation de l’unité ou de la communion ecclésiale doit se faire pour ces trois dimensions fondamentales de l’œcuménisme : spirituelle, doctrinale ou théologique, éthique ou pratique.

Dans la quête de cette finalité, des modèles sont proposés : unité dans la diversité et inversement, diversité réconciliée et plus récemment consensus différencié. Ce dernier modèle a fait ses preuves à propos de la doctrine de la justification, le contentieux par excellence entre catholiques et protestants depuis la Réforme : un consensus fondamental fondant et permettant des diversités jugées aujourd’hui légitimes (et non plus séparatrices) a pu être atteint suite à un processus exigeant de vérification scripturaire, traditionnelle et confessionnelle, et reconnu officiellement.

Ce paradigme œcuménique (« Différents mais reliés/unis ») peut-il être transposé à d’autres secteurs de la vie chrétienne et ecclésiale, plus particulièrement à la vie consacrée elle-même, en tant que forme radicale de la vie chrétienne ?

Mutatis mutandis, on peut discerner aussi trois dimensions fondamentales de la vie consacrée : spirituelle (la prière, la louange, l’adoration, la contemplation dans leur diversité sont l’âme même de la vie religieuse), doctrinale ou théologique (comment penser la vie consacrée dans sa multiplicité ?), pratique (comment vivre la communion dans cette diversité de vies consacrées ? au sein de chacune de nos formes de vie consacrée, à commencer par chacune de nos communautés ou fraternités, comment vivre ensemble nos différences ?).

Le modèle œcuménique, notamment le consensus différencié, peut nous aider à penser et à réaliser la vie consacrée comme communion de personnes différentes, qui ne se sont pas choisies, mais sont reliées par une même quête de l’absolu et de la primauté du Règne (Royaume) de Dieu : un consensus fondamental entre personnes consacrées peut fonder et permettre une grande variété qui ne soit pas séparatrice, mais légitime. En ce sens, l’œcuménisme est un laboratoire de toute réparation de fractures ecclésiales (inter- et intraconfessionnelles), il peut l’être aussi pour la vie consacrée, et de manière holistique (spirituelle, doctrinale, pratique).